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Cameroun. Des chambres de torture secretes

  • Des détenus passés à tabac, placés dans des positions insoutenables et soumis à des simulacres de noyade, parfois torturés à mort
  • Torture généralisée sur 20 sites, y compris quatre bases militaires, deux centres dirigés par les services de renseignement, une résidence privée et une école.
  • Les États-Unis et les autres partenaires internationaux appelés à établir si leur personnel militaire a eu connaissance des actes de torture infligés sur l’une des bases.

Turquie. L’emprisonnement de militants, dont la directrice d’Amnesty, porte un coup sévère aux droits humains

 

Le placement en détention provisoire de six défenseurs des droits humains constitue un effroyable affront à la justice, et un nouveau pas franchi dans le cadre de la répression qui fait suite à la tentative de coup d’état en Turquie, a déclaré Amnesty International.

Maroc/Sahara Occidental. Les allégations de torture assombrissent le procès des accuses sahraouis

 

 Les autorités judiciaires marocainesdevraient veiller à ce que les jugements attendus dans le cadre d'un procès collectif ne se fondent pas sur des aveux ou des déclarations impliquant d'autres accusés extorqués sous la torture ou les mauvais traitements lors d'interrogatoires policiers, ont déclaré Amnesty International et Human Rights Watch.

Algérie. Vague d’arrestations et de poursuites contre des centaines d’Ahmadis

L’Algérie doit mettre un terme à sa campagne de répression contre les membres du mouvement religieux minoritaire qu’est l’Ahmadisme (ou Ahmadiyya), a déclaré Amnesty International le lundi 19 juin, à l’approche de l’audience en appel, le 21 juin, de six Ahmadis condamnés à des peines d’emprisonnement d’une durée allant jusqu’à quatre ans pour des charges liées à la pratique de leur religion.

Arabie saoudite. Il faut libérer le blogueur Raif Badawi, emprisonné depuis cinq ans

À l’occasion du cinquième anniversaire de l’arrestation de Raif Badawi, le blogueur et prisonnier d’opinion saoudien, Samah Hadid, directrice en charge des campagnes au sein du bureau régional Moyen-Orient d'Amnesty International, a déclaré :

Gaza. La catastrophe humanitaire imminente souligne plus que jamais la nécessité pour Israël de lever son blocus illégal

La récente décision des autorités israéliennes de réduire considérablement l'alimentation en électricité de la bande de Gaza pourrait avoir des conséquences humanitaires catastrophiques pour ses habitants, qui souffrent déjà du blocus implacable imposé depuis 10 ans par Israël, a alerté Amnesty International.

Myanmar: Les minorités ethniques exposées à des crimes de guerre

 

Des civils appartenant à desminorités ethniques sont victimes de graves violations, dont des crimes de guerre, aux mains de groupes ethniques armés et de l’armée myanmar qui s’affrontent dans l’État kachin et le nord de l’État chan, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mercredi 14 juin et préparé à l’issue de trois missions effectuées récemment dans la zone de conflit.

Tunisie. Cinq personnes condamnée à de la prison pour non-respect du jeûne pendant le ramadan

La condamnation de cinq personnes pour « outrage aux bonnes mœurs » après qu’elles ont fumé une cigarette ou mangé en public pendant le mois du ramadan est une violation flagrante des libertés individuelles en Tunisie, a déclaré Amnesty International.

L'occupation israélienne: 50 ans de crimes de guerre

La communauté internationale doit interdire l’importation de tous les biens produits dans des colonies israéliennes illégales et mettre un terme aux millions de dollars de bénéfices qui alimentent les violations massives des droits fondamentaux des Palestiniens, a déclaré Amnesty International mercredi 7 juin.

Pour marquer le 50e anniversaire de l’occupation israélienne de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de la bande de Gaza, l’organisation lance une nouvelle campagne pour appeler les États du monde entier à interdire l’entrée sur leurs marchés de biens provenant des colonies et à empêcher les sociétés domiciliées sur leur territoire d’avoir des activités dans les colonies ou de commercialiser les biens qui en proviennent.

« Le monde reste silencieux depuis des décennies pendant qu'Israël détruit les habitations des Palestiniens et pille leurs terres et leurs ressources naturelles et en tire profit. Alors que l’économie palestinienne est paralysée par 50 ans de politiques abusives, une entreprise prospère de colonisation rapportant des millions de dollars s’est construite à partir de l’oppression systématique de la population palestinienne, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

« Au bout de cinquante ans, il n’est pas suffisant de simplement condamner l’expansion des colonies.Il est temps que les États prennent des mesures concrètes pour mettre fin au financement des colonies qui constituent des violations flagrantes du droit international et des crimes de guerre. »

Des biens d’une valeur de centaines de millions de dollars fabriqués dans les colonies israéliennes construites sur des terres palestiniennes occupées sont exportés chaque année bien que la très grande majorité des États ait condamné officiellement les colonies en les déclarant illégales au regard du droit international.Au fil des ans, des entreprises israéliennes et internationales ont également permis et facilité la construction des colonies et leur expansion.

 

La politique israélienne d’implantation de civils israéliens sur des terres palestiniennes occupées a entraîné d'innombrables violations des droits humains.Des dizaines de milliers d’habitations et de biens palestiniens ont été démolis par Israël et des centaines de milliers de Palestiniens ont été déplacés de force ; de nombreuses familles ont été chassées de leur domicile ou de leur terre pour dégager des zones sur lesquelles des colonies ont été construites.Au moins 100 000 hectares de terres palestiniennes ont été affectés à l’usage exclusif des colonies.

Israël a aussi pris illégalement le contrôle de ressources naturelles palestiniennes, par exemple l’eau, des terres agricoles fertiles, des carrières de pierres et des minéraux, qui ont été détournées au profit des entreprises installées dans les colonies en vue de produire des denrées agricoles, des matériaux de construction et des produits manufacturés qui sont souvent exportés.En même temps, Israël a imposé des restrictions arbitraires qui empêchent les Palestiniens d’accéder à leur eau, à leurs terres et à leurs ressources et de les exploiter, restreignent leur développement économique et violent leurs droits économiques et sociaux.

Dans toute la Cisjordanie, les infrastructures des colonies, notamment les routes « réservées aux colons », divisent des villes et des villages palestiniens et limitent considérablement la capacité des Palestiniens de circuler librement. Israël maintient également un blocus aérien, maritime et terrestre illégal de la bande de Gaza depuis près de 10 ans, enfermant deux millions de personnes dans une zone dont la superficie équivaut à un peu moins de la moitié de celle de la ville de New York.

« L'une des tragédies de 50 années d’atteintes incessantes aux droits humains liées à l’occupation est le fait que le monde s’est habitué à l’ampleur alarmante de l’oppression et de l’humiliation à laquelle les Palestiniens sont exposés quotidiennement dans les territoires occupés, a déclaré SalilShetty.« Comment les États peuvent-ils continuer à autoriser un soutien financier à une politique de colonisation cruelle, discriminatoire et criminelle par nature qui permet à des colons israéliens de vivre sur des terres volées dans des maisons dotées de pelouses irriguées et de piscines alors que les Palestiniens qui vivent à leur porte sont privés d’accès à une quantité suffisante d’eau ou d’électricité pour couvrir leurs besoins de base ? »

 

Tous les États ont clairement l'obligation de veiller au respect du droit international humanitaire.Ils ne doivent pas reconnaître ni favoriser de quelque manière que ce soit la situation illégale créée par la politique israélienne de colonisation et, en fait, ils doivent user de leur influence pour mettre un terme à ces violations.

« Les États qui continuent à aider les colonies à prospérer économiquement enfreignent de manière flagrante leurs obligations internationales et remettent en cause les politiques qu’ils se sont engagés à soutenir.Les États sont tenus par le droit international de veiller à ce que leurs actions et celles de leurs ressortissants ne reconnaissent ni ne favorisent des situations ou des actes illégaux », a déclaré SalilShetty.

En interdisant les produits provenant des colonies et en mettant en place des lois et règlements qui empêchent les entreprises d’avoir des activités dans les colonies israéliennes, les gouvernements du monde entier ont la possibilité d’améliorer la vie de millions de Palestiniens qui subissent depuis des décennies l’injustice, l’indignité et la discrimination. »

 

Au cours des décennies, de multiples résolutions des Nations unies ont confirmé que les colonies israéliennes violaient le droit international.Le Conseil de sécurité a adopté en décembre 2016 une résolution qui appelle Israël à mettre un terme à toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés.Cette résolution demandait également à tous les États de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967.

En dépit de cela, Israël a accéléré ces derniers mois l’expansion des colonies et le soutien qui leur est accordé en annonçant un projet de construction de milliers de logements dans des colonies existantes ainsi que de milliers d’autres habitations dans deux nouvelles colonies de Cisjordanie occupée.

« Israël a indiqué sans aucune ambiguïté que le maintien des colonies et leur expansion l'emportaient sur le respect du droit international.Il est temps que le monde fasse savoir clairement qu’il ne tolérera plus le mépris flagrant des autorités israéliennes pour le droit international », a déclaré Salil Shetty.

Depuis le début de l’occupation en 1967, Israël a consolidé son contrôle militaire répressif sur les territoires palestiniens occupés en promulguant des milliers d’ordonnances militaires dont beaucoup érigent des activités pacifiques en infraction pénale et imposent aux Palestiniens des restrictions excessives qui perturbent leur vie quotidienne.

Des ordonnances militaires servent également à couvrir des violations massives des droits humains et du droit international humanitaire, notamment l’appropriation sur une grande échelle de biens et de ressources naturelles, la démolition d’habitations et d’entreprises, l’arrestation arbitraire et la détention illégale de centaines de milliers de Palestiniens et les punitions collectives infligées à des millions d’entre eux.De très nombreux homicides illégaux de Palestiniens imputables aux forces israéliennes ont également été commis au fil des ans.

« Il est profondément choquant de constater que, depuis le début de l’occupation il y a 50 ans, les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’atteintes aux droits humains perpétrés pendant des décennies dans les territoires palestiniens occupés bénéficient d’une quasi-impunité », a déclaré Salil Shetty.

« Le monde est témoin du bilan terrible de 50 ans d’ignorance des violations flagrantes des droits humains et d’extension incessante des colonies illégales.C’est la raison pour laquelle il est essentiel que les États prennent des mesures efficaces pour mettre un terme à ces violations et y remédier. »

« Ils doivent commencer par interdire au niveau international les produits provenant des colonies, imposer un embargo total sur les armes à destination d’Israël et des groupes armés palestiniens et mettre un terme à l’impunité pour les crimes commis pendant des décennies, notamment au moyen d’enquêtes sérieuses menées par la Cour pénale internationale.Les Palestiniens ne doivent pas être condamnés à subir un demi-siècle supplémentaire d’oppression et d’injustice. »

Maroc. Vague d'arrestations massives visant des manifestants dans le Rif

Depuis une semaine, les autorités marocaines procèdent à une vague massive d'arrestations, visant de nombreux manifestants, militants et blogueurs dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, qui font suite à des mois de contestations réclamant la fin de la marginalisation des habitants et un meilleur accès aux services dans la région, a déclaré Amnesty International.  

France. Répression abusive des manifestations sous couvert de lutte contre le terrorisme

Des pouvoirs conçus pour lutter contre le terrorisme ont régulièrement été utilisés de manière abusive pour limiter les manifestations pacifiques, comme l’expose le nouveau rapport d’Amnesty International.

Les attaques contre les défenseurs des droits humains atteignent un niveau inquiétant

  • Amnesty International lance une nouvelle campagne mondiale pour combattre la vague d'attaques dont sont victimes les hommes et les femmes qui défendent les droits humains.
  • En 2016, 281 personnes ont été tuées pour avoir défendu les droits humains, contre 156 en 2015.
  • Les défenseurs des droits humains sont la cible d'une vague d'attaques sans précédent, sur fond de discours de diabolisation, de répression de la société civile et d'utilisation généralisée de la surveillance.

Partout dans le monde, des membres influents de la société civile, des avocats, des journalistes et d'autres défenseurs des droits humains sont victimes de persécutions, de manœuvres d'intimidation et de violences d'un niveau sans précédent, a alerté Amnesty International, aujourd'hui 16 mai, lors du lancement de sa nouvelle campagne mondiale demandant l'arrêt des attaques contre celles et ceux qui ont le courage de combattre l'injustice.

Tunisie. L'examen par le Conseil des droits de l'homme doit être l'occasion de relancer les réformes

Le gouvernement doit faire la preuve de son engagement en faveur des droits humains en acceptant les recommandations qui lui ont été adressées à propos de la lutte contre la torture, de l'élimination de la discrimination et de la protection des femmes et des filles contre les violences sexuelles et liées au genre, a déclaré Amnesty International. 

Turquie. Le journalisme n’est pas un crime

En 2016, un tiers des journalistes et professionnels des médias emprisonnés dans le monde étaient détenus dans des prisons turques ; la vaste majorité d’entre eux dans l’attente d’un procès. La liberté d’expression subit des attaques constantes et toujours plus nombreuses en Turquie.

Depuis la tentative de coup d’État de juillet 2016, les universitaires, les journalistes et les auteurs qui critiquent le gouvernement risquent de faire l’objet d’enquêtes pénales, de poursuites, de manœuvres d’intimidation et de harcèlement et de censure.

Cette stratégie, qui s’ajoute à la fermeture d’au moins 156 organes de presse par décret exécutif pris sous l’état d’urgence, envoie un message clair et inquiétant et a de graves conséquences pour la liberté de la presse. L’ampleur de la répression des médias par le gouvernement turc est telle qu’elle a été décrite par certains comme la « mort du journalisme ».

« Le journalisme n’est pas un crime... Nous défendons l’essence et l’éthique mêmes du journalisme, alors que [le gouvernement] essaie de les détruire. » FatihPolat, rédacteur en chef du journal Evrensel

 Ahmet Şık : en détention depuis le 29 décembre 2016

Ahmet Şık est un journaliste d’investigation aguerri et est habitué aux poursuites et à la détention motivées par des considérations politiques. Il a en effet été emprisonné pendant plus d’un an en 2011 pour avoir écrit un livre décrivant l’infiltration supposée des structures étatiques par des partisans du dignitaire religieux FethullahGülen, à l’époque un allié du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.

En décembre 2016, Ahmet Şık a de nouveau été emprisonné dans l’attente d’un procès, accusé cette fois d’avoir fait de la propagande pour la branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et ce que le gouvernement appelle l’« organisation terroriste Fethullah » (FETÖ), qui serait, d’après le gouvernement, dirigée par FethullahGülen et responsable de la tentative de coup d’État.

Ahmet Şık a été renvoyé à la prison de Silivri, six ans après y avoir été détenu pour la première fois. Il y partage une cellule avec deux autres détenus. Il ne peut s’entretenir qu’avec sa famille proche et uniquement à travers une vitre et par le biais d’un téléphone une fois par semaine. Leurs conversations sont enregistrées. Il n’est pas autorisé à recevoir du courrier ou des livres.

Dans l’acte d’accusation émis en avril 2017, huit tweets, deux interviews et un article dont Ahmet Şık est l’auteur ont été présentés à titre de preuves de son soutien à trois organisations interdites qui ont toutes des objectifs complètement différents et souvent opposés. Il est accusé d’« aide à une organisation terroriste ». 

 

 « Je nie les accusations portées contre moi. L’enquête porte sur mes activités professionnelles, en d’autres  termes, sur mes activités de journaliste. » Déposition d’Ahmet Şık, 30 décembre 2016

La peur est paralysante

L’érosion de la liberté de la presse n’est pas nouvelle en Turquie. En 2013, lorsque les vastes manifestations contre la destruction du parc Gezi ont éclaté à Istanbul, l’une des principales chaînes d’informations diffusait un documentaire sur les pingouins plutôt que de couvrir les manifestations. Des journalistes ont perdu leur emploi parce qu’ils avaient mécontenté les autorités. Des organes de presse qui critiquaient les autorités ont été repris et leur ligne éditoriale a été modifiée pour être plus complaisante à l’égard du gouvernement.

Le journalisme indépendant est au bord du gouffre en Turquie : plus de 120 journalistes et autres professionnels des médias sont emprisonnés et des milliers d’autres ont perdu leur emploi en raison de la fermeture de plus de 156 organes de presse.

La peur d’aller en prison pour avoir critiqué les autorités est palpable : les articles des journaux et les programmes de discussion de l’actualité, très populaires en Turquie, ne comptent que très peu d’opinions dissidentes et les points de vue ne sont pas très variés.

Les journalistes travaillant pour des organes de presse étrangers et les journalistes indépendants n’ont pas été épargnés. Certains ont été expulsés ou se sont vu refuser l’entrée sur le territoire turc, et d’autres ont vu leur carte de presse révoquée.

Deniz Yücel : détenu depuis février 2017

Deniz Yücel, le correspondant en Turquie du journal allemand Die Welt, est le premier journaliste étranger à avoir été placé en détention provisoire, en février 2017, depuis la tentative de coup d’État. Il avait été ajouté à un groupe sur Twitter qui avait été utilisé pour publier certains courriels piratés. Le groupe Red Hack a publié des dizaines de milliers de courriels en septembre 2016, notamment certains qui auraient été obtenus en piratant le compte de Berat Albayrak, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et gendre du président Recep TayyipErdoğan.

Après 13 jours de garde à vue, il a été incarcéré dans l’attente de son procès pour « propagande pour le compte d’une organisation terroriste » et « incitation du public à la haine ».

En réalité, DenizYücel a été interrogé par le procureur et au tribunal à propos de sept articles portant sur un vaste éventail de sujets qui n’ont aucun lien avec les courriels piratés. Lors de sa déposition au tribunal, il a déclaré que les questions qui lui étaient posées étaient fondées sur des traductions erronées et des interprétations biaisées de ses articles.

DenizYücel est toujours détenu à la prison de Silivri. La demande de libération déposée par ses avocats a été refusée en mars 2017.        

 

    


  La répression des médias en chiffres

 

 


Nazlı Ilıcak : en détention depuis le 26 juillet 2016

Nazlı Ilıcak, une journaliste et commentatrice politique de premier plan, était en vacances dans le sud de la Turquie lorsqu’elle a vu dans les médias, le 25 juillet 2016, qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre elle. D’après son avocat, elle a été arrêtée et placée en détention alors qu’elle allait se présenter au poste de police le lendemain.

Le tribunal a ordonné son placement en détention dans l’attente de son procès, au motif qu’elle était introuvable le jour de l’émission de son mandat d’arrêt. Le tribunal a affirmé qu’il existait un risque qu’elle prenne la fuite, qu’elle altère des éléments de preuve et qu’elle fasse pression sur des témoins.

En plus des accusations d’appartenance à l’« organisation terroriste Fethullah » (FETÖ), elle a été interrogée pour des accusations de « tentative de renverser le gouvernement ou d’entraver l’exercice de ses fonctions » et de « propagande pour le compte d’une organisation terroriste ». Elle a été interrogée sur un programme de télévision qu’elle avait présenté la veille de la tentative de coup d’État. Elle risque la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

« Mon travail à la chaîne de télévision était de présenter un programme, ni plus ni moins. » NazlıIlıcak

 

 


 Kadri Gürsel : en détention depuis le 31 octobre 2016

Le journaliste chevronné KadriGürsel est l’une des neuf personnes qui travaillaient pour le journal Cumhuriyet et qui ont été emprisonnées en novembre 2016. Il est journaliste depuis 30 ans et est spécialisé dans les relations internationales. Il est aujourd’hui accusé d’infractions liées au terrorisme en raison d’un article intitulé « Erdoğan veut être notre père » qu’il avait rédigé en juillet 2016, peu de temps avant la tentative de coup d’État.

Dans l’article, Kadri Gürsel écrivait qu’Erdoğan voulait s’imposer de force à la population, et suggérait que la façon de lutter contre cela était de le rejeter et se rebeller, à l’instar de ce qu’il s’est passé en Tunisie, lorsque Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu, déclenchant une révolution qui avait mené au renversement de Ben Ali, l’ancien président de Tunisie. Kadri Gürsel a déclaré au tribunal que l’article était écrit sur le ton de l’humour noir.

Dans l’acte d’accusation émis le 4 avril, les liens entre Kadri Gürsel et des personnes utilisant l’application pour téléphone ByLock ont été présentés à titre d’éléments de preuve, au motif qu’il s’agissait d’un moyen de communication utilisé par les membres de la FETÖ. L’acte d’accusation ne précisait pas les raisons pour lesquelles le fait qu’il connaisse ces personnes et le contenu des communications entre eux pouvaient avoir été illégaux.

« Ils essaient d’inventer des éléments de preuve de ma culpabilité alors qu’ils n’existent pas. » Kadri Gürsel


  Zehra Doğan : détenue de juillet 2016 à décembre 2016

Zehra Doğan, la rédactrice en chef de JINHA, a été placée en détention provisoire le 21 juillet 2016 pour des accusations d’appartenance à une organisation terroriste et de propagande pour le compte d’une organisation terroriste.

« Ils m’ont menacée avec une arme à feu. L’un d’eux a dit que je devrais devenir sa maîtresse, que si je le faisais, il me sauverait. C’était affreux. Je répétais sans cesse que je suis journaliste. »

L’affaire contre elle reposait sur les déclarations de témoins qui affirmaient qu’elle avait été vue en train de parler avec des membres du YPS, la branche jeunesse du PKK, pendant le couvre-feu. Son interrogatoire par le procureur n’a pas duré plus de 10 minutes.

À la prison de Mardin, elle a été détenue avec 51 autres femmes dans une aile destinée à accueillir 30 personnes. Pendant des mois, elle a dormi par terre sur des couvertures. Elle n’avait accès à de l’eau que pendant trois plages horaires d’une heure chaque jour.

ZehraDoğan a été libérée en décembre 2016. En mars 2017, elle a été acquittée des accusations d’appartenance à une organisation terroriste mais déclarée coupable de propagande pour le compte d’une organisation terroriste, sur la base de publications sur les réseaux sociaux qui ne contenaient aucune incitation à la violence. Elle a été condamnée à deux ans, neuf mois et 22 jours d’emprisonnement, mais est actuellement libre dans l’attente de la décision relative à son appel.


  Des médias contraints au silence

Imaginez un instant un monde sans presse libre. Comment serait-ce ?

Des informations limitées sur le monde qui nous entoure. Aucun accès à des analyses différentes et donc moins de possibilités d’amener les institutions et les gouvernements à rendre des comptes de manière ouverte et transparente.

Des médias dynamiques et pluralistes sont indispensables pour que tous les membres de la société puissent exercer leurs autres droits humains. C’est un moyen essentiel d’assurer l’exercice de la liberté d’expression, et notamment du droit de rechercher et de recevoir des informations et des idées de toutes sortes. La liberté de la presse est indispensable pour amener les puissants à rendre des comptes pour leurs actions.

L’emprisonnement prolongé de journalistes et d’autres professionnels des médias les réduit au silence, a un effet dissuasif sur les autres et crée un gouffre considérable dans le débat public. Il est donc primordial d’obtenir la libération des journalistes emprisonnés, afin de créer un meilleur futur pour les droits humains en Turquie.

Cette répression doit cesser. Les journalistes et autres professionnels des médias en détention provisoire prolongée et punitive doivent être libérés. Le journalisme n’est pas un crime : les personnes qui exercent cette profession doivent avoir le droit de travailler.

Yémen. La coalition menée par l'Arabie saoudite se prépare à bombarder des civils

Les craintes se renforcent pour la sécurité des civils à Hodeida, ville portuaire stratégique située dans l'ouest du pays. En effet, selon certaines informations, la coalition menée par l'Arabie saoudite devrait bientôt lancer une offensive majeure, a déclaré Amnesty International alors que les États de l'ONU se réunissent dans le cadre d'une conférence des donateurs à Genève le 25 avril.

6 500 prisonniers palestiniens détenus par Israël

La politique mise en œuvre par Israël depuis des décennies, qui consiste à incarcérer des Palestiniens de Cisjordanie occupée et de Gaza dans des prisons situées en Israël et à les priver des visites régulières de leur famille, est cruelle et constitue une violation flagrante du droit international, a déclaré Amnesty International, alors que des prisonniers s’apprêtent à observer une grève de la faim collective qui doit démarrer le 17 avril, à l’occasion de la Journée des prisonniers palestiniens. 

Maroc. Torturé et condamné à 12 ans de prison

En décembre 2010, les autorités espagnoles ont extradé Ali Aarrass, un Belgo-Marocain, vers le Maroc où il purge actuellement une peine de prison de 12 ans. Il a en effet été déclaré coupable d’avoir fait partie d’un groupe criminel suite à un procès inique.

Algérie. Baisse du nombre de condamnations à morts en 2016

Au moins 50 condamnations à mort ont été enregistrées en Algérie en 2016, contre 62 en 2015, indique Amnesty International dans son rapport annuel sur la peine de mort dans le monde rendu public, aujourd’hui mardi 11 avril.

Israël. L’autorisation d’établir de nouvelles colonies illégales en Cisjordanie constitue un crime de guerre.

En réaction à la décision du gouvernement israélien d’autoriser l’établissement d’une nouvelle colonie en Cisjordanie pour la première fois depuis plus de 20 ans, Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International, a déclaré :

Arabie saoudite. Trois jeunes risquent d’être exécutés

Amnesty International est extrêmement préoccupée par l’exécution imminente de trois jeunes hommes qui avaient moins de 18 ans au moment de leur arrestation et qui ont été condamnés à mort en Arabie saoudite. Ali al Nimr, Abdullah al Zaher et Dawood al Marhoon, qui ont épuisé toutes leurs voies de recours, risquent d’être exécutés d’un moment à l’autre.