Rapport. La situation des droits humains dans 159 pays

Rapport. La situation des droits humains dans 159 pays

REUTERS/Lucas Jackson

Au cours de l’année, des dirigeants ont incité à la haine, combattu certains droits, fermé les yeux sur des crimes contre l’humanité, et laissé les inégalités et les souffrances échapper à tout contrôle.

Face à cela, de grandes manifestations ont eu lieu, montrant que si les défis que nous avons à relever sont immenses, la volonté de riposter est d’autant plus forte.

Le Rapport d’Amnesty International sur la situation des droits humains dans le monde en 2017 couvre 159 pays et offre l’analyse la plus complète qui soit de la situation des droits fondamentaux sur la planète.

Bien que les conclusions soient alarmantes, ce sont les événements comme ceux dénoncés dans le rapport qui ont motivé des personnes du monde entier à se mobiliser face à l’adversité et à faire entendre leur voix.

« La décision prise en janvier par le gouvernement des États-Unis d’interdire l’entrée sur le territoire aux personnes venant de plusieurs pays à majorité musulmane, action au caractère haineux évident, a donné le ton pour une année durant laquelle des dirigeants ont mené une politique de la haine aux conséquences extrêmement dangereuses, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

La situation des droits humains dans 159 pays

La situation des droits humains en Algérie

En 2017, le monde a connu un recul des droits humains.

Les signes de cette régression étaient visibles partout. Dans le monde entier, des gouvernements ont poursuivi leur offensive contre le droit de manifester, et les droits des femmes ont été particulièrement attaqués aux États-Unis, en Russie et en Pologne.

Au Venezuela et en Tunisie, où des personnes sont privées de leurs droits fondamentaux à la nourriture, à l’eau potable, à la santé et à un logement, un mécontentement social grandissant a été constaté.

« Nous avons pu observer, avec la campagne militaire de nettoyage ethnique menée contre les Rohingyas au Myanmar, ce qu’il arrive lorsqu’une société est encouragée à haïr, craindre et utiliser comme bouc émissaire des minorités », a déclaré Salil Shetty.

Des États-Unis à l’Union européenne, en passant par l’Australie, les dirigeants des pays les plus riches ont continué d’adopter face à la crise planétaire des réfugiés une attitude purement et simplement inhumaine, considérant les réfugiés non pas comme des êtres humains détenteurs de droits, mais comme des problèmes à éluder. Dans ce contexte, les politiques attisant la haine menacent de légitimer la discrimination à l’égard des minorités.

L’incitation croissante et non dissimulée à l’intolérance a été illustrée par les slogans xénophobes scandés lors d’un défilé nationaliste à Varsovie, en Pologne, et par les actions de répression généralisée visant les membres de la communauté LGBTI de la Tchétchénie à l’Égypte.

Dans cet océan de récits révoltants, celui des Rohingyas, victimes du nettoyage ethnique mené par l’armée du Myanmar, était parmi les plus poignants. Les témoignages recueillis par nos chercheurs sont bouleversants.

Il est plus important que jamais de protéger notre droit à la liberté d’expression

L’année dernière, un nombre sans précédent de personnes ont été prises pour cible pour s’être mobilisées contre l’injustice. En tant qu’organisation mondiale dédiée à la lutte pour les droits humains, nous n’avons pas échappé aux attaques.

Certains de nos représentants en Turquie ont été arrêtés et emprisonnés sur la base d’accusations forgées de toutes pièces. Bien qu’İdil Eser, la directrice d’Amnesty Turquie, ait été libérée, Taner Kılıç, le président d’Amnesty Turquie, est toujours emprisonné.

Imaginez que vous êtes avocat-e, journaliste ou militant-e et que votre vie est menacée parce que vous avez dit la vérité.

« En 2018, nous ne pouvons certainement pas tenir pour acquise la liberté de nous rassembler pour protester ou celle de critiquer nos dirigeants. En fait, il devient de plus en plus dangereux d’exprimer ses opinions. » a déclaré salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International

C’est exactement ce qui se passe en ce moment : les autorités poursuivent sans relâche les personnes qui se sont mobilisées pour les droits humains. Un nombre sidérant et croissant de militants sont tués : 312 homicides ont été enregistrés en 2017, contre 281 l’année précédente.

Mais en dépit des efforts déployés par certains États pour fermer des ONG, entraver le travail des médias, restreindre le droit des personnes de manifester, et emprisonner des personnes menant des campagnes, les gens ont refusé de se taire.

Dans ce climat de peur et d’intimidation, il est plus important que jamais de continuer de faire entendre notre voix.

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